>Bio

Mickaël Landreau, né le 14 mai 1979 à Machecoul (Loire-Atlantique, France), est un footballeur international français qui évolue au poste de gardien de but. Formé au FC Nantes, il remporte avec ce club le championnat de France en 2001 et la Coupe de France en 1999 et 2000. Il rejoint ensuite le Paris SG puis le Lille OSC avec qui il réalise le doublé championnat-Coupe de France en 2011. En décembre 2012, il rompt son contrat avec le club lillois et s’engage alors avec le SC Bastia. Sélectionné à onze reprises en équipe de France, il est finaliste de la Coupe du monde en 2006 et gagne à deux reprises la Coupe des confédérations en 2001 et 2003. Il détient le record du nombre de matchs disputés en Ligue 1 avec 618 matchs joués.

1979-1984 : ENFANCE, LES PREMIERS PAS

Né le 14 mai 1979 à Machecoul, chef lieu de commune de la Loire-Atlantique (44), je suis le petit dernier d’une famille de quatre enfants, comprenant un frère aîné, Vincent, et deux sœurs, Béatrice et Véronique. Mon père, charpentier, et ma mère, employée de commune, habitent à Arthon, une petite commune entre Pornic et Nantes, et comble de chance, leur maison est située à 200 mètres du stade.

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En fait, je n’ai pas eu besoin de faire le mur pour m’y rendre puisque quinze jours après ma naissance, j’étais dans les bras de ma mère, derrière la main courante, pour voir mon père à l’œuvre. Fortement attiré par le gazon vert, je réalise mes premiers pas à l’âge de neuf mois. Dans cette petite vie paisible, j’intègre la maternelle d’Arthon et attends patiemment le week-end pour aller taper le ballon pendant que mon père défend les couleurs locales.
J’aimais bien revenir sale chez moi et ma mère a souvent fait les frais de nombreuses machines à laver.
Mon identification au jeu de balle du dimanche était telle que ma mère ne pouvait me faire porter autre chose que des survêtements. Je pense que c’est là-bas que toutes mes certitudes sont nées et ont grandi au milieu de la passion de mes parents et du plaisir qu’il y a souvent pour un enfant de se vautrer dans la boue.

1985-1992 : ETOILE ARTHONNAISE - un modèle

Je débute à l’âge de six ans et obtiens fièrement ma première licence de débutant à Arthon. C’est donc avec mes camarades de classe que j’évolue pendant huit ans et connais des moments merveilleux. Formé par Jean-Charles GUERIN (entraîneur) qui me révèle au petit monde du football de Loire-Atlantique, je me découvre la passion de gardien de but, certainement par mimétisme pour mon frère aîné Vincent, gardien de l’équipe première.
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Elève assidu, je ne loupe aucun entraînement et assiste même, de mon côté, à quelques entraînements avec les seniors. Je me souviens que, pendant et après les matches de mon frère, j’aimais entrer dans les vestiaires et écouter les conversations et les conseils prodigués par les « grands ». Assis sur la boîte à pharmacie, je devais rester silencieux, condition sine qua non de ma présence. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles j’ai toujours préféré côtoyer les gens plus vieux que moi, car je suivais mon frère au foot et dans ses sorties
Sur le plan sportif, je n’ai foulé la pelouse de la Beaujoire pour la première fois en match officiel lors de FCNA – Standard de Liège en coupe intertoto (1996), mais à l’occasion d’un plateau de débutants le 7 mars 1987 en lever de rideau de FCNA – Sochaux.
Néanmoins, les meilleurs souvenirs de cette période restent sans aucun doute les titres de champion départemental et régional en 1989 avec les poussins d’Arthon et où notre équipe a échoué de peu pour une place de Finalise de la Coupe de France poussin. L’ambiance de notre équipe a emporté toute déception.

1992-1993 : SAINT SEBASTIEN - la transition

Alors que je continue tranquillement ma passion, je suis détecté lors d’un stage départemental à Saint Brévin-les-pins (44) par Jean-Paul ALLARD, conseiller technique départemental. Sur ces précieux conseils, je décide, avec l’accord de mes parents, de m’orienter vers un niveau de jeu plus élevé.

Cela soulève l’emblée un double problème : le premier concerne ma mère qui est plutôt réticente au fait que j’intègre la pension à l’âge de treize ans et le second au souci que mes parents ont de me protéger de ce nouveau monde.

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Alors que je continue tranquillement ma passion, je suis détecté lors d’un stage départemental à Saint Brévin-les-pins (44) par Jean-Paul ALLARD, conseiller technique départemental. Sur ces précieux conseils, je décide, avec l’accord de mes parents, de m’orienter vers un niveau de jeu plus élevé.

Cela soulève l’emblée un double problème : le premier concerne ma mère qui est plutôt réticente au fait que j’intègre la pension à l’âge de treize ans et le second au souci que mes parents ont de me protéger de ce nouveau monde.

Mon ambition n’a d’autres limites que de pouvoir un jour m’entraîner avec les gardiens nantais. Mon rêve d’accéder à leur niveau se poursuit lorsque, en 1993, je suis aspiré dans l’équipe des moins de quinze ans du FC Nantes-Atlantique et sélectionné en équipe de France dans la même catégorie. Une belle aventure continue…

1996-1997 : découverte sensationnelle de l’élite

Comment vous décrire cette année où je suis arrivé à dix-sept ans en tant que gardien titulaire du FC Nantes ? Fantastique, merveilleuse, enthousiasmante. Bref, inespérée ! En fait, j’ai le double sentiment que les matches joués cette saison m’ont fait l’effet de suivre des cours de haut niveau en accélèré mais aussi d’avoir brillé, par ailleurs, certaines étapes. C’est une période difficile à gérer.

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Partagé entre mes études en terminale S et les multiples sollicitations sportives (Coupe Intertoto, équipe professionnelle de D1, sélectionné en équipe de France des moins de dix-huit ans avant d’honorer le maillot tricolore des moins de vingt ans, puis les sélections Espoirs), j’ai eu parfois des difficultés à m’y retrouver. A cela, vous ajoutez les médias et les nombreuses sollicitations en tout genre et vous comprenez que même si vous êtes près sportivement, il faut être solide dans sa tête. En fait, je pense que pour pouvoir réussir, il faut savoir écouter ses éducateurs et travailler sans relâche de façon sérieuse et assidue. A ce cocktail, vous ajoutez une forte dose de chance et vous voilà fin prêt. En prenant en compte les performances, le collectif et la fantastique remontée de notre équipe en championnat de France (18ème à la 3ème place), cette année restera pour moi, sans nul doute, mémorable.

1997-1998 : un apprentissage difficile

La saison 97/98 s’est terminée comme elle a commencé, dans le flou le plus total. Je me souviens surtout du départ anticipé de notre coach Jean-Claude Suaudeau, ce qui a certainement laissé notre équipe dans le doute sportif. L’entraîneur qui m’a lancé la saison précédente pli bagages au profit de Raynald Denoueix.

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Au niveau des résultats et des performances, cette saison n’a pas été reluisante, on a assuré l’essentiel c’est à dire le maintien. Et au niveau des Coupes, nous n’avons pas été plus chanceux. Ce triste bilan a cependant le mérite de m’avoir fait énormément progresser. Après « l’euphorie » de mon ascension en D1 et des résultats de 96/97, cette deuxième année reste pour moi une charnière importante de ma carrière. En effet, c’est l’année de la confirmation et sûrement la plus dure. Aujourd’hui, avec du recul, j’en suis assez content tout de même.

1998-1999 : des responsabilités accrues

Promu capitaine à l’âge de dix-neuf ans, je suis fier de cette confiance que m’accorde le club mais reste conscient du défi à relever : celui de motiver « mes troupes » et de les mener vers le succès. Mon rôle est valorisant mais l’amputation des cadres à l’inter-saison (Carotti, Ferri, Gourvennec puis plus tard Leroux) et les luttes intestines en coulisse (remplacement de Toumelin par Bobin à la présidence du club) ne rendent pas les choses faciles. De plus, notre équipe est composée d’une douzaine de jeunes issus, comme moi, du centre de formation du FCNA et pour la plupart quasi débutants à ce niveau. Ce constat réalisé et compte tenu de la jeunesse de notre équipe, nous somme promis pour bon nombre d’observateurs à une sombre saison. En fait, ces inconsidérations n’ont peut-être fait que renforcer nos efforts et ont permis la révélation de l’éclosion de ma génération, celle qui était finaliste de la Coupe Gambardella en 1996 (Monterrubio, Deroff, Piocelle, Touré, Suffo…).

Sous les conseils prodigués et la surveillance de notre coach, Raynald Denoueix, nous avons perduré le beau jeu à la Nantaise, constitué une équipe de qualité s’appuyant sur une solidité défensive et rapporté des résultats plus que positifs et agréables. Non seulement nous sommes parvenus à améliorer notre classement en Championnat par rapport à la saison dernière (en passant de la onzième à la septième place), mais surtout à décrocher un titre, la Coupe de France, synonyme de ticket européen. Enfin, cette saison a vu la naissance de mon site Internet (Mai 1999), une façon d’être un peu plus proche de mes fans.

Une saison plutôt riche et forte en évènements et émotions pour un jeune comme moi, portant le double brassard (FCNA et équipe de France Espoirs), mais qui s’en plaindrait.

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1999-2000 : la saison des extrêmes

Je ne crois pas avoir connu de saison aussi particulière que celle-là. Nous avons fait un début de Championnat assez honnête mais à la huitième journée, nos résultats se sont dégradés et on a plongé inexorablement. Entre la huitième et la treizième journée soit en six rencontres, nous sommes passés de la septième à la dix-septième place du classement. Pour tout dire, on a rien vu venir. On était sans doute pas assez concentrés et on a eu tendance à se reposer sur nos lauriers. Ce qui fait que nous n’avons plus dépassé ensuite la douzième place. La fin de Championnat a été extrêmement tendue et je ne veux revivre cela pour rien au monde. La Coupe de France aura été notre soleil dans cette grisaille.

Cette saison restera aussi pour moi celle de ma première sélection en A’ contre le Maroc. J’avais été appelé contre la Belgique mais sans jouer. Contre le Maroc, j’ai disputé une mi-temps. Après les Espoirs, je prends cette sélection comme une marque de confiance de Roger Lemerre d’autant qu’il m’avait demandé d’être prêt pour l’Euro au cas où l’un des trois gardiens se blesserait.

Quatrième gardien n’est sans doute pas la meilleur place mais cela reste pour moi un signe qui, je l’espère, sera suivi d’autres.

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2000-2001 : un premier aboutissement

Voilà une saison qui a mal démarré. Il faut quand m’me se souvenir que nous étions 15 ème à l’issue de la dixième journée. Je dirais qu’il y a eu deux moments clé durant qui se situent en début de Championnat. D’abord la 5ème journée où Bordeaux nous inflige un 5 à 0 à la Beaujoire. Ce fut le début d’une courte mais difficile descente aux enfers jusqu’à cette fameuse 11 ème journée que je considère comme le déclic (et donc le second moment clé).

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Alors que le coach Denoueix commence déjà à être discuté par certains, on bat Strasbourg 5-0 à la Meinau. A partir de là, huit journées nous suffisent pour prendre la tête du Championnat. Deux défaites à Marseille et Bastia nous font perdre de précieux points mais juste avant NoÎl, nous effectuons un déplacement très important à Bordeaux. Ce sera le match référenceÖ En s’imposant 2 à 0, le FCNA met fin à 18 années sans victoire au parc Lescure. A la trêve, l’équipe vire donc en tête du classement. A ce moment-là, on a senti que c’était faisable.

A la reprise, c’est une course-poursuite entre Lyon et nous qui commence. Les Lyonnais prennent la tête en nous battant chez eux 3 buts à 1. Après une victoire contre Paris et un nul face à Lille, les huit dernières journées son un enchaînement de victoires jusqu’au titre. Tout se joue, à trois journées de la fin lors du déplacement à Troyes. En l’emportant 1 à 0, on sait que le titre est à portée de main mais il nous faut pour cela, nous imposer à la Beaujoire contre St Etienne. Il est très difficile de décrire ce que j’ai ressenti grâce à ce titre de Champion. Le premier mot qui me vient c’est l’aboutissement. Pas l’aboutissement d’une carrière évidemment mais l’aboutissement de tout le travail au FCNA mais aussi avant. J’ai sans doute, aussi, réalisé la meilleure saison de ma jeune carrière. Une saison couronnée par ma première sélection chez les A le 3 juin contre le Mexique en Coupe des Confédérations.

Ce fut vraiment une saison incroyable quand on se souvient qu’on a accédé aux demi-finales de la Coupe de France et de la Coupe de la Ligue. On restait sur deux trophées consécutifs en Coupe de France mais on voulait tous connaître la sensation du Champion. Quant à notre parcours en Coupe d’Europe, il fut correct, solide mais on a montré notre limite athlétique contre Porto.

2001-2002 : la saison des paradoxes

Je dirais que cette saison fut enrichissante tout en étant aussi usante physiquement et psychologiquement.. Elle fut enrichissante au sens o˘, lorsqu’on galère comme ce fut le cas, il faut rester peut-être encore plus concentrés dans les buts car on sait que la moindre erreur (et donc le moindre but) peut nous faire plonger un peu plus. Une saison enrichissante bien s˚r aussi grâce à la Ligue des Champions et son très haut niveau. C’est aussi apprendre à se gérer pour jouer un match tous les trois jours.

En championnat, on a obtenu notre première victoire trois mois après le début de la compétition. C’était à Sochaux. On a su enchaîner avec une victoire à la Beaujoire contre Monaco. Puis, il y a eu le départ de Raynald Denoueix. Ca n’est jamais ce qu’on souhaite mais Áa fait malheureusement partie de notre métier et le classement était telle que sa position devenait difficile. Je ne garderai que de bons souvenirs de mes années avec lui.

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La Ligue des Champions nous a tout de suite bien réussi. Dès le premier match, on s’impose 4 à 1 contre Eindhoven à la Beaujoire. C’était la meilleure entrée possible dans la compétition. Puis, il y eut a victoire 3 à 1 à Rome et notre victoire au match retour 1 à 0. Je crois, avec le recul, qu’on a sous estimé ce que nous avons réalisé. Le deuxième tour fut évidemment beaucoup moins facile contre Porto, le Bayern et Manchester. Ce match contre Manchester à la Beaujoire restera comme un grand souvenir de ma carrière mais je regrette que nous ayons cédé le point du nul à quelques minutes de la fin. J’aurais encore plus apprécié ma prestation de ce soir-là en cas de victoire.

L’objectif « Ligue des Champions » nous a transcendés. C’est sans doute cela qui nous a permis de pas perdre confiance et de terminer 3ème au classement virtuel des matchs retour du Championnat. Je ne dirais pas qu’on a forcément mieux joué mais le fait d’enchaîner six matchs sans défaite nous a remis sur le bon chemin si bien qu’à quatre journées de la fin, nous étions sauvés. Je garderai surtout la fierté d’avoir, avec l’équipe, empêché la descente.

2002-2003 : ma saison la plus accomplie

Si on parle d’abord de l’équipe, je dirais que ce fut la saison des bonnes et des moins bonnes séries. Une saison qui fut aussi très irrégulière. Il faut rappeler qu’il était difficile de réussir et de se concentrer dans le contexte que l’on a connu avec notamment quelques tensions internes. On a beaucoup dit que le match perdu contre Sochaux nous avait déstabilisés après, pourtant, deux victoires dès le début contre Marseille et Bastia. Je crois que c’est un faux prétexte. Il y avait autre chose. On était tous simplement pas suffisamment préparés pour aborder cette saison.

Au début de l’année 2003, on s’est quand m’me retrouvés cinquième ce qui a vraiment surpris tout le monde. On nous voyait déjà qualifiés en fin de saison pour la Ligue des Champions et pourquoi pas champion de France. Mais le plus dur restait à faire. On a certes montré qu’on était capable de bonnes choses mais notre jeu manquait de liant. On manquait de rigueur et de concentration. Il s’est passé ce qui devait se passer. On a petit à petit retrouvé le milieu de tableau. On termine neuvième et on a toujours la place qu’on mérite. Nantes est capable de battre n’importe qui n’importe quand et dans la m’me période, capable de mauvais matches. La preuve, on a quand m’me pris quatre points à Lyon sur les deux matches (ce qui n’a pas d˚ arriver à beaucoup d’équipes dans la saison) et en m’me temps, on a réalisé de grosses contre-performances.

Mon bilan personnel est, paradoxalement, meilleur puisque malgré une année sans Coupe d’Europe donc de matches à plus haut niveau, j’ai été retenu en Coupe des Coupe des Confédérations et joué mon deuxième match sous le maillot bleu avec, au bout, de ces 20 jours passés avec les Bleus, un nouveau trophée.

Ce fut aussi une saison marquée par un certain nombre de distinctions qui font toutes très plaisir : meilleur gardien de L1 pour l’Equipe et France Football, trophée du meilleur gardien remis par RTL et les journalistes de la presse locale, trophée du joueur le plus fair-play de la saison. Il est aussi une récompense qui m’a touché sans doute plus que les autres : c’est celle attribuée par le public qui m’a désigné comme le gardien de l’équipe type du FCNA sur ces 40 dernières années. On cherche toujours à marquer l’histoire du club dans lequel on évolue et cette distinction compte donc beaucoup pour moi.

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Finalement, ce fut une saison pleine d’enseignements au cours de laquelle il m’a fallu me fixer des challenges personnels importants pour progresser. Et David Marraud, l’entraîneur des gardiens en 2002/2003, m’y a beaucoup aidé.

2003-2004 : une année de mise à l'épreuve

Ce fut une saison riche en bouleversements et en événements sportifs avec également la première année des stages de foot créés avec mon ami Nicolas Savinaud. D’abord, terminer à la sixième place du classement ! Peu de monde aurait parié sur une telle conclusion dès le mois d’août. C’est la première satisfaction. Et puis, il y a évidemment la finale de la Coupe de la Ligue perdue et cette fameuse panenka qui a tant fait parler et qu’il a fallu aussi gérer dans les jours qui ont suivi. Il faut aussi savoir prendre des risques. Parfois, cela m’a réussi. Ce fut le cas, dans le passé, y compris dans les séances de tirs aux buts. Mais le poste de gardien exige aussi des prises de risque. Je sais aussi que les gens ont perÁu mon geste comme une erreur plutÙt que comme une faute technique de gardien. Et, pour moi, la nuance est importante.

Ca n’a pas été une période facile mais heureusement qu’il y avait cette demi-finale de Coupe de France dix jours plus tard contre Paris. Un match héroïque que l’on perd aux tirs aux buts. Et puis, bien qu’ayant reÁu beaucoup de messages de soutien les jours précédents, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre en arrivant sur la pelouse de la Beaujoire après ce qui s’était passé au stade de France. Mais les supporters ont été formidables.

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Pour en revenir à la Coupe de la Ligue, je me souviens quand m’me de ce parcours extraordinaire qui nous a mené jusqu’au stade de France avec deux victoires sur les séances de penalties : une en quart de finale au Mans et une demi-finale contre Auxerre à la Beaujoire.

Je retiendrai aussi de cette saison mon premier arrêt, non pas d’un ballon, mais de travail. Suite à une opération du genou, je quitte les terrains pendant un peu plus d’un mois.

Cette saison fut vraiment à l’image d’une carrière de footballeur. Il y a des moments où Áa ne sourit pas vraiment mais c’est là qu’il faut être solide. Ce fut une année de mises à l’épreuve parce que j’ai été blessé et qu’il a fallu revenir au meilleur niveau tout comme après la finale de la Coupe de la Ligue où il fallait se reconcentrer sur la Coupe de France. Et puis, la saison se termine comme elle avait commencé : avec l’Equipe de France ! Une victoire en Coupe des Confédérations avec notamment mon deuxième match dans les buts et un après, l’Euro, ma première participation à une phase finale d’une grande compétition avec les A. Une saison de hauts et de bas mais au cours de laquelle j’aurai encore beaucoup appris et grandi !

2004-2005 : une saison éprouvante

Cette saison restera évidemment marquée par les événements du mois de décembre et mes déclarations dans France Football qui ont fait beaucoup de bruit. Je ne souhaite à personne de vivre cela car la pression médiatique fut énorme même si j’ai toujours été persuadé que c’était essentiel et important de m’exprimer comme je l’ai fait. Comme je l’ai dit à l’époque, si j’ai tenu ces propos, c’est pour le club et pour ceux qui ont fait tant pour lui et qui l’ont patiemment construit tout au long de ces années. C’est grâce à eux que le FCNA s’est forgé l’image forte et positive qui est la sienne et que je veux voir perdurer. J’ai été très touché de toutes les marques de soutien que les gens m’ont témoigné pendant cette période.

Et puis, quelle fin de saison on a vécu ! Ce dernier match contre Metz à la Beaujoire où même si on s’impose, on est obligés d’attendre les résultats d’autres équipes pour savoir si on reste en Ligue 1. Et cette fête de la Beaujoire ensuite, l’envahissement du terrain, le podiumÖ Des émotions indescriptibles !

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Pour moi, les événements de décembre et ce final en juin sont indissociables. C’est le côté sportif qui l’emporte à la fin et donne du sens à ce qui s’est passé cinq mois avant. Cette saison restera aussi marquée par ma troisième titularisation chez les Bleus. C’était contre la Pologne en novembre et mon deuxième match dans les buts français au Stade de France. L’Equipe de France, c’est vraiment le summum. Etre le numéro 3, c’est déjà une grande fierté. Après l’échec à l’Euro, on est alors en pleine reconstruction. C’est un nouveau départ pour les Bleus avec également l’arrivée de Raymond Domenech que je connais bien puisqu’il m’avait appelé à 47 reprises lorsqu’il était le sélectionneur des Espoirs.

Enfin, au mois de mai, il y a ce très beau moment où nous enregistrons, avec dix-sept autres joueurs, une chanson sur le fair-play en collaboration avec l’association Christophe Pignol pour la lutte contre la leucémie.

2005-2006 : une saison charnière

C’est un sentiment assez curieux que celui de débuter cette saison-là alors qu’on s’est sauvés de justesse lors de la précédente et alors surtout qu’il me reste un an de contrat avec le FC Nantes. Cela va s’avérer une saison charnière pour moi avec notamment l’énorme objectif qu’est la Coupe du Monde en point de mire et mon départ à Paris. Le danger était de ne penser qu’à profiter de cette dernière saison en oubliant le principal qui est de toujours continuer à progresser. C’est seulement vers la toute fin que j’ai essayé d’apprécier au maximum les derniers instants à Nantes. J’ai par exemple vécu pleinement le dernier match à la Beaujoire.

Ce 6 mai 2006 restera gravé à jamais dans ma mémoire avec notamment les larmes de mes amis au coup de sifflet final. Dans les jours précédents la rencontre, je recevais tous les jours des messages de la part des supporters. Ils me témoignaient de la gratitude, certains ne pouvaient retenir leur émotion. J’avoue que ça m’a bouleversé.

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A la fin de la saison, il y a eu aussi cette soirée privée que j’ai organisée pour remercier tous ceux qui m’avaient accompagné pendant ces années nantaises. Encore un moment inoubliable ! Je resterai vraiment marqué à vie par les années passées à Nantes.

Et puis, il y a eu Paris ! Je me souviens qu’à la mi-mai, j’ai vécu deux jours incroyables. Il y a d’abord ce dimanche 14 mai, le jour de mes 27 ans. J’apprends que je suis sélectionné pour le Mondial 2006. Conclure cette décennie nantaise en participant à la Coupe du Monde, c’est vraiment une grande fierté. Je prends cette sélection comme une récompense du travail effectué ces dernières années et la reconnaissance d’une certaine régularité dans mes performances avec le FCNA. Le lendemain de cette annonce, je pars à Paris pour y signer mon contrat avec le PSG : la salle de presse est pleine à craquer : je prends déjà un peu la mesure de la pression médiatique qui entoure le club. Après dix années d’expérience en L1 et pour pouvoir rivaliser en équipe de France, il me fallait de toute façon un contexte avec beaucoup plus de pression. Et Paris est un club qui peut me permettre de grandir. Pour ma progression, c’est un choix juste et j’ai h‚te de commencer !

Et me voilà à Clairefontaine quinze jours plus tard pour débuter la préparation du Mondial et entamer ensuite la plus grande compétition mondiale. Ce qui ressort de ces trois semaines en Allemagne c’est finalement le sentiment d’être passé par tout un tas d’émotions et que les choses se sont enchaînées très vite. Quand on a battu l’Espagne, il fallait penser au Brésil. Quand on a passé le Brésil, il fallait déjà se mettre dans le match du Portugal et ainsi de suite. On se rapproche de la finale sans finalement s’en rendre compte d’autant qu’on vivait en vase clos. Mais c’était nécessaire pour mieux avancer et rester sereins. A la fin de ce Mondial, j’ai le sentiment d’avoir emmagasiner beaucoup de choses qui m’ont permis de gagner en confiance. Cela me profitera autant pour ma carrière au PSG que pour la suite en équipe de France.

2006-2007 : arrivée au PSG

Depuis dix ans, je m’étais habitué à retrouver la Jonelière au début de l’été. Ce 24 juillet, je me retrouve, pour la première fois de ma carrière, au milieu d’un nouveau groupe, sous de nouvelles couleurs. J’ai signé au Paris St Germain pour tout ce que représente ce club. Je voulais connaître le club et y jouer.

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Je viens pour relever un challenge. J’ai écourté mes vacances après le Mondial pour être présent rapidement au sein de l’équipe. J’avais hâte d’y être. H‚te de jouer des rencontres tels qu’un PSG/OM m’me s’il se soldera par une lourde défaite. Cette saison, c’est aussi celle de ma première titularisation en Equipe de France depuis deux ans. Il s’agit en plus d’un match comptant pour les Eliminatoires de l’Euro. On se prépare toujours à être titulaire mais, à ce moment-là, je repense à tous ceux qui m’ont permis d’arriver là et de m’y amener dans les meilleures conditions. Décidément, la fin d’année est riche en émotions.

Fin novembre, se profile mon premier retour à la Beaujoire. Je m’attends à vivre un moment fort en émotion. Ca va sûrement me faire drôle de rentrer dans le vestiaire visiteurs ! Ce fut le match le plus dur à préparer tant à cause de l’émotion que j’avais à revenir à Nantes qu’à cause du contexte de ces derniers jours. J’ai été très touché par les marques d’affection des supporters et des gens que j’ai retrouvés. C’est vraiment difficile d’exprimer l’émotion qui était la mienne. En tout cas, je m’en souviendrais toujours. Au début de l’année 2007, le PSG n’est pas au mieux.

On pointe à la 17ème place et il faut déjà être lucide. La situation est préoccupante et il ne faut pas la sous-estimer : nous allons jouer le maintien. Paul Le Guen remplace Guy Lacombe. C’est un entraîneur qui inspire le respect de par sa carrière de joueur et d’entraîneur. Le groupe est réceptif à son discours. Quant à moi, si je n’ai pas été particulièrement décisif en début de saison, j’ai ensuite retrouvé toutes mes sensations et bien terminé la saison.

Une saison éprouvante psychologiquement avec une lutte pour le maintien qui me rappelle malheureusement celle vécue précédemment avec Nantes. Mais j’ai le sentiment d’avoir emmagasiné en neuf mois encore plus d’expérience avec le PSG. C’est aussi ce que je venais chercher dans la capitale. C’est indispensable pour poursuivre l’aventure avec les Bleus. La saison avait commencé sur une première. Elle se terminera sur la m’me note. Pour la première fois de ma carrière, je suis titulaire une seconde fois dans la m’me saison avec l’Equipe de France. Je le dois aussi au PSG.

2007-2008 : saison difficile

Pour ma seconde saison au Paris Saint-Germain sous les ordres de Paul Le Guen, je vis une saison pleine en disputant les trente-huit matches de Championnat. Une saison également difficile.

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A titre personnel, je ne souhaite à personne de vivre de tels moments, les pressions étaient continuelles, elles venaient de partout. Je ne me suis pas caché, je n’ai jamais baissé le bras, j’ai fait face, toujours, fidèle à ma façon de faire. Au bout du tunnel mi-mai, après une victoire en terre sochalienne, nous terminons l’exercice à la seizième place. Les coupes nationales nous réussissent davantage en revanche.

En Coupe de France, nous sommes battus en finale par Lyon (0-1). Mais la fin de parcours en Coupe de la Ligue est plus heureuse puisque nous venons à bout du RC Lens (2-1) au Stade de France. Ce trophée manquait jusqu’alors à mon palmarès. Un rayon de soleil dans cette saison bien sombre. Et la lumière s’éteint m’me totalement le 29 mai à Tignes. Finalement non retenu par Raymond Domenech (comme six autres coéquipiers), je quitte en hélicoptère le groupe France en stage de préparation en Savoie. En début de saison, j’avais pourtant gardé à six reprises le but de l’Equipe de France, mais je ne suis pas du voyage en Suisse et en Autriche pour l’Euro 2008. Cette énorme déception met un point final à cette saison.

2008-2009 : dernière au PSG

C’est ma troisième et dernière saison dans la Capitale. On sort d’une saison très difficile mais nous allons bien réagir, le groupe est plus fort, plus homogène. De mon côté, je me suis endurci, j’essaie de tirer le meilleur de l’expérience récente.

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Peu ont parié sur ce PSG version 2008-2009. Et pourtant, nos performances sont bien meilleures. Mais alors que nous pensions accrocher l’Europa League, les dernières minutes de l’exercice nous sont fatales.

Notre match nul et vierge à domicile face à Monaco est insuffisant et Rennes et Toulouse nous devancent dans ce sprint final ! Frustrant surtout après avoir été classés dans les cinq premiers la majeure partie du championnat. Sur la scène européenne, nous avons enchainé les bonnes prestations notamment contre Manchester City, Wolfsburg et Braga entre autres. L’aventure se termine mi-avril en quarts de finale de l’Europa League face aux Ukrainiens du Dynamo Kiev. Cela me permet d’afficher cinquante matches en Coupe d’Europe à mon compteur. Ainsi s’achève mon aventure parisienne.

2009-2010 : arrivée dans le Nord

Je ne m’épanouissais plus au Paris Saint-Germain donc je prends la décision de quitter le club fin mai 2009. Je signe alors pour le Lille Olympique Sporting Club . Cap plus au Nord encore !

Après Nantes et le PSG, c’est mon troisième club professionnel. Malheureusement, la saison débute de la plus mauvaise des façons pour moi : lors d’une séance classique de préparation le 3 juillet, je me blesse gravement au genou droit. Diagnostic du corps médical : rupture des ligaments croisés. Il faut en général six mois pour ‘tre de nouveau opérationnel après une telle blessure.

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Trois mois après, je retrouve déjà les terrains d’entraînement et, le 31 octobre, je dispute enfin mon premier match en Ligue 1 sous les couleurs du LOSC à Grenoble. Ce retour gagnant est un grand plaisir. Je profite alors de chaque instant donné, je savoure chaque minute sur les pelouses. Et les moments de bonheur sont nombreux lors de cette saison 2009-2010.

Nous terminons quatrièmes de la L1 (nous ratons le podium de peu lors de la dernière journée) en battant notamment à domicile Bordeaux, Lyon, PSG et Marseille. Je vis des moments forts également en Europa League avec des duels face à Gênes, Valence, Prague, Fernerbahçe ou encore face à Liverpool en 8èmes de finale de l’épreuve. Malgré la déception de l’Euro 2008, les Bleus, qualifiés pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud, occupent toujours un coin de ma t’te. Récompense de ma saison, je suis retenu dans la liste des 30 de Domenech  mais pas dans celle des 23 quelques jours plus tard.

Je ne m’épanouissais plus au Paris Saint-Germain donc je prends la décision de quitter le club fin mai 2009. Je signe alors pour le Lille Olympique Sporting Club . Cap plus au Nord encore ! Après Nantes et le PSG, c’est mon troisième club professionnel. Malheureusement, la saison débute de la plus mauvaise des façons pour moi : lors d’une séance classique de préparation le 3 juillet, je me blesse gravement au genou droit. Diagnostic du corps médical : rupture des ligaments croisés. Il faut en général six mois pour ‘tre de nouveau opérationnel après une telle blessure. Trois mois après, je retrouve déjà les terrains d’entraînement et, le 31 octobre, je dispute enfin mon premier match en Ligue 1 sous les couleurs du LOSC à Grenoble. Ce retour gagnant est un grand plaisir. Je profite alors de chaque instant donné, je savoure chaque minute sur les pelouses. Et les moments de bonheur sont nombreux lors de cette saison 2009-2010. Nous terminons quatrièmes de la L1 (nous ratons le podium de peu lors de la dernière journée) en battant notamment à domicile Bordeaux, Lyon, PSG et Marseille. Je vis des moments forts également en Europa League avec des duels face à Gênes, Valence, Prague, Fernerbahçe ou encore face à Liverpool en 8èmes de finale de l’épreuve. Malgré la déception de l’Euro 2008, les Bleus, qualifiés pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud, occupent toujours un coin de ma t’te. Récompense de ma saison, je suis retenu dans la liste des 30 de Domenech mais pas dans celle des 23 quelques jours plus tard.

2010-2011 : une saison mémorable

Cette saison 2010-2011, ma deuxième avec le LOSC, restera à jamais gravée dans ma mémoire. Il s’agit peut-être de ma meilleure saison depuis le début de ma carrière professionnelle entamée en 1996 avec le FCNantes. Le bilan est historique : les deux trophées nationaux majeurs et une aventure en Europa League conclue par un seizième de finale face au PSV Eindhoven.

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La « vieille Dame » d’abord. Après avoir écarté Forbach, Wasquehal (un super derby entre les amateurs et les pro), Nantes (victoire aux tirs au but, belle émotion là encore), Lorient et Nice, nous décrochons la Coupe de France en venant à bout en finale du Paris Saint-Germain (1-0) au Stade de FranceÖ le soir m’me de mes 32 ans. Inoubliable. J’ai savouré pleinement chaque instant au coup de sifflet final, sur la pelouse puis dans le vestiaire. Quelle joie. Quel plaisir partagé. Le dernier trophée du club dans cette épreuve remontait tout de m’me à 1956, c’est vous dire l’attente de tous nos supporters. Le lendemain au balcon de la mairie une marée rouge nous attendait!

La semaine suivante sur la pelouse du Parc des Princes, nous leur apportons dans la foulée le titre de Champion de France ! On le voulait tellement ce titre. Un mois de mai 2011 exceptionnel. Que du bonheur encore.Etre Champion de France, on le doit à tous les gens du club, à nos supporters, à notre Président Michel Seydoux, à Rudi Garcia notre entraîneur, et à nous, les joueurs, bien s˚r. Devant, nous avons pu compter sur une attaquante de feu avec Moussa Sow (meilleur buteur de L1), Gervinho et notre jeune prodige belge Eden Hazard. Le milieu de terrain a eu un rendement incroyable aussi avec notamment Florent Balmont, Yohan Cabaye et Rio Mavuba, notre capitaine. L’arrière garde s’est montrée, elle,intraitable et généreuse avec Mathieu Debuchy comme symbole. Et les jokers ont été particulièrement efficaces à l’image de Pierre-Alain Frau, auteur du but vainqueur au Stade Vélodrome dans le temps additionnel face à l’OM au match retour (2-1), Tulio De Melo ou encore Ludovic Obraniak, unique buteur au Stade de France. Au total en Championnat : 21 victoires, 13 nuls et 4 défaites seulement. Et la parade sur le bus le lendemain pour notre retour sur Lille. J’en ai encore des frissons…

Pour ma part, j’ai vécu une saison pleine à tous les niveaux. J’ai pris énormément de plaisir à vivre et à jouer avec ce groupe. En Championnat, j’ai été titulaire lors des trente-huit rencontres ce qui m’a permis d’atteindre la barre des 515 matches en L1. Les 602 matches de Jean-Luc Ettori sont encore loin mais j’avoue y penser on m’en parle tout le temps!!! C’est déjà un honneur de battre les records en la matière de Patrice Rio (509), JoÎl Bats (504), LoÔc Amisse (503), Maxime Bossis (502), Bernard Lacombe (497) ou encore Bernard Lama (489). INOUBLIABLE!!!

2011-2012 : 3ème saison

Après avoir laissé échapper le Trophée des Champions à l’Olympique de Marseille au terme d’un match à rebondissements (4-5, fin juillet à Tanger au Maroc aux Tirs aux buts), nous attaquons cette saison 2011-2012, ma troisième avec le LOSC, forts d’un doublé historique en poche (Champion de France et vainqueur de la Coupe de France).

L’exercice suivant une telle performance n’est généralement jamais évident à gérer. A l’intersaison, nous avons de plus enregistré le départ de plusieurs éléments majeurs : Adil Rami, Pierre-Alain Frau, Yohan Cabaye et Gervinho. A la trêve hivernale, nous perdrons aussi notre buteur, Moussa Sow, ainsi que notre joker de luxe Ludovic Obraniak, mais Joe Cole viendra renforcer l’effectif et Eden Hazard est toujours aussi incroyable.

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Nous trouvons rapidement notre rythme de croisière en Championnat. Hormis une défaite à domicile (0-1) lors de la deuxième journée face au futur Champion de France montpelliérain, nous enchaînons les bonnes performances. Le 23 octobre 2011, à la faveur d’une victoire à domicile face à Lyon (3-1), nous accédons pour la première fois de la saison au podium. Une place de troisième que nous ne quitterons plus jusqu’au coup de sifflet final le 20 mai 2012 à l’occasion de l’ultime rencontre face à Nancy (4-1).

Au total : six défaites, onze matches nuls et vingt-et-une victoires. Une saison pleine encore pour moi puisque j’ai pris part à ces trente-huit journées de Ligue 1.

Lors de cette saison post-titre, nous avons renoué avec l’UEFA Champions League. J’aime particulièrement cette compétition et les grands rendez-vous européens notamment notre double confrontation face à l’Inter Milan. J’ai des regrets sur cette épreuve où nous avons abandonné de précieux points en toute fin de match, par exemple face au CSKA Moscou et Trabzonspor. Finalement, nous ratons de peu la qualification pour les 8èmes de finale. Frustrant.

En Coupe de France, après un succès logique en 32èmes de finale face à Chantilly (DH, 6-0) pour notre entrée en matière, nous nous qualifions pour les 8èmes de finale aux dépens de Compiègne (CFA, 1-0 ap) où nous échouons face à nos voisins valenciennois (2-1). La Coupe de la Ligue s’arrête aussi prématurément, en quarts de finale au Stade de Gerland face à l’OL (1-2).

2013-2014 : un final en beauté

Après 18 saisons professionnelles, la saison 2013-2014 aura finalement été ma dernière. En juillet 2013, à la lecture du calendrier de la Ligue 1 publiée par la LFP, je ne sais pas encore vraiment que je raccrocherai mes crampons un an plus tard. Si tel est le cas, je disputerai alors mon ultime match parmi l’élite sur la pelouse du Stade Furiani avec le Sporting Club de Bastia face à Nantes, mon club formateur. Furiani, là même où tout avait commencé pour moi le 2 octobre 1996 !

Ne pas faire l’exercice de trop, terminer au top, l’idée me trotte dans la tête, mais dans le football tout va très vite alors…

J’entame la saison sans me poser de questions. Sur le terrain, je donne le maximum, je profite, je prends du plaisir, je suis libéré. Et je me sens bien au milieu de ce groupe bastiais conduit par Frédéric Hantz.

Je retiens quatre moments forts à l’occasion cette dernière saison parmi l’élite : le maintien avec le Sporting, le record battu de Jean-Luc Ettori battu, mes adieux à Furiani et la Coupe du Monde au Brésil.

La 16ème journée de L1 le 4 décembre 2013 restera pour moi particulière. Ce soir-là face à Ajaccio à Istres (terrain neutre et à huis-clos), je bats le record du nombre de matchs joués en première division, détenu depuis dix-neuf ans par Jean-Luc Ettori (602). Ma 603ème rencontre de L1 se conclue par un 0-0. Le week-end précédent contre Evian Thonon Gaillard, clin d’oeil sympa, Jean-Luc m’avait fait l’honneur de participer à mon échauffement.

Autre clin d’oeil touchant juste avant le terme de cette saison : la remise du Trophée d’Honneur de l’UNFP pour l’ensemble de ma carrière le 11 mai. Je profite de cette soirée de gala pour annoncer officiellement la fin de ma carrière et ma collaboration prochaine avec Canal+ en tant que consultant.

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Mon dernier match professionnel a lieu trois jours après mes 35 ans, le 17 mai 2014. Il s’agit de mon 618ème en L1 ! Bastia-Nantes 18 ans après. Comme un signe. La boucle est bouclée. La communion avec le peuple corse et les fidèles supporters nantais est magnifique. Un grand moment d’émotion gravé à jamais.

Après cette soirée mémorable et quelques jours de repos, je rejoins avec enthousiasme l’Equipe de France à Clairefontaine pour le stage de préparation à la Coupe du Monde. C’est ma dernière compétition, mes derniers entraînements, mes derniers jours en tant que joueur pro. Les Bleus, le Brésil, le Mondial. Un rêve de gosse. Notre parcours est fantastique avec à la clé un quart de finale perdu (0-1) face aux futurs Champions du Monde allemand. Cette nouvelle aventure sportive et humaine avec la sélection nationale restera inoubliable. Ce groupe construit par Didier Deschamps est prometteur, je lui souhaite de réussir « notre » Euro 2016 en France.

Une page se tourne donc. Je laisse derrière moi de fabuleux souvenirs. Mais je regarde devant, j’ai envie de croquer à pleine dent cet avenir. De beaux moments et de nouveaux challenges m’attendent maintenant. Je vais les vivre avec la même passion.

Statistiques

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Clubs

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Palmarès

> Champion de France 2001 et 2011

> Coupe de France 1999, 2000, 2011

> Finaliste de la Coupe de France 2008

> Coupe de la ligue 2008

> Finaliste de la coupe de la ligue 2004

> Trophée des champions 1999 et 2001

> Finaliste de la Coupe Gambardella 1996

> Vice-champion du monde 2006

> Coupe des Confédérations 2001 et 2003

> Vice-champion d’Europe Espoirs 2002